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Les Corbeaux

Histoire des Corbeaux, mercenaires au XIème  siècle.

Le monde est en flammes. Hongrois, Maures, Northmen, Turcs et bien d’autres encore pillent une chrétienté partagée, morcelée. Les Chrétiens d’orient et d’occident ne font rien pour se réconcilier.

Pour couronner le tout, les rois chrétiens, quand ils ne se font pas la guerre, la font à leurs vassaux, affirmant ainsi leur puissance, leur mainmise sur le monde.

Monde de malheur pour le menu peuple, c’est le monde rêvé pour des mercenaires. Se louant au plus offrant, ils parcourent le monde changeant de camp au gré de leur fantaisie. Certains se font un nom par leurs atrocités, d’autres se le font par leurs victoires.

Parmi eux : les Corbeaux quelquefois vaincus, souvent victorieux, ils sont, comme aime à le rappeler leur chef, tout ce qu’il reste à l’issue de la bataille. Mais ceci, c’est la version qu’aiment à colporter les mercenaires…
Parce qu’en réalité, la situation des paysans s’améliore sensiblement, le nombre de famines par rapport au temps de Charlemagne (200 ans auparavant) a été divisé par trois. Les paysans représentent environ 95% de la population du peuple des deux Francie (occidentale et orientale).
 Le paysan vit mieux, est mieux équipé, moins opprimé ; il rejoint ses semblables, des communautés paysannes se constituent, certaines se rebellent ou au moins se manifestent (donnant aux mercenaires du travail par la même occasion).
 Le paysan cultive mieux, il est un agent du progrès commercial. Le phénomène fondamental, c’est la transition d’un régime d’exploitation directe, à l’aide d’esclaves non chasés, d’un domaine aux dimensions modestes, à un régime d’exploitation bipartite d’un domaine beaucoup plus étendu, par la voie de chasement d’esclaves, l’incorporation des paysans libres et l’imposition à ces deux catégories de services agricoles.

L’influence du clergé, le second groupe, amène l’image d’un idéal monastique ainsi que la prise en mains de l’éducation. La reconstruction des églises est prépondérant « comme approchait la troisième année qui suivit l’an mille, on vit presque toute la terre, mais surtout en Italie et en Gaule, rénover les basiliques des églises ; bien que la plupart, fort bien construites, n’en eut nul besoin, une émulation poussait chaque communauté chrétienne a en avoir une plus somptueuse que celle des autres. C’était comme si le monde lui-même se fut secoué et, dépouillant sa vétusté, ait revêtu de toutes parts, une blanche robe d’église. »  Raoul Glaber.

Le troisième groupe, loin du premier par le nombre est celui des combattants « bellatores ». La militia qui se constitue autour de l’an mil est bien autre chose qu’auparavant.
Elle est formée d’un groupe de guerriers professionnels, fait d’hommes libres ou non, dotés d’un armement lourd et maintenu constamment sous les armes et non plus convoqués au printemps de chaque année.
La question sur la remise des armes et l’adoubement est primordiale. Ce geste est venu des rois et des princes est descendu jusqu’aux seigneurs et aux chevaliers. L’épée confiée au chevalier est bien le glaive du pouvoir.
Le parallélisme de la dévolution du pouvoir banal aux principautés et aux seigneuries par la remise des armes est clair. Le mouvement s’achèvera à la fin du XIIème siècle quand l’adoubement signifiera alors « entrée en chevalerie ». Le groupe de combattants devenus celui des chevaliers se confondra donc avec la noblesse.

L’usage du mot miles autour de l’an mil est peu fréquent. En tout cas, il est porté par des hommes au profil social bien différencié. Il est des puissants qui se désignent comme miles en assortissant souvent le mot d’un adjectif rutilant. Employé au pluriel, le mot renvoie à des combattants d’assez moyenne origine.
Autour de l’an Mil les différences sociales devaient être parfaitement sensibles et senties. Elles n’empêchent pas le partage par tous ces guerriers des mêmes attitudes et des mêmes pratiques de combats.

Chez les Corbeaux à l’instar de la militia de l’an mil, les combattants sont donc d’origine mêlées. Cette mixité la rend douteuse aux yeux de l’Eglise. Entre les seigneurs qui en sont membres et la dirige et les plus pauvres à qui les seigneurs ont offert leurs armes pour la qualité du service qu’ils en attendent, la plus grande partie de la militia est sans doute un mélange composite (que l’on retrouve chez les Corbeaux), fait de cadets des grandes familles et de riches alleutiers, volontaires ou contraints.
L’aristocratie carolingienne est toute imbue d’une idéologie guerrière, mais elle est peu nombreuse. Autour de l’an mil, cette idéologie est diffusée et « vulgarisée ».

L'art de la Guerre

Le combat devient alors de haute technicité et les armes de grand prix.
Ainsi arrive le destrier, ce grand cheval, capable de porter le cavalier. Les étriers lui donnent une assise solide.
Le haubert de mailles remplace peu à peu la broigne. L’écu commence à s’allonger et est préféré à l’ancien bouclier rond car il protège la jambe gauche du cavalier.
L’épée, avec la lance constitue la partie attaquante de l’armement. Apparaît aussi le mythe de l’épée, l’arme chérie, la compagne fidèle, qui vient parfois de très loin, par exemple de Scandinavie qui fabrique des métaux précieux.
Mais c’est l’usage de la lance qui a le plus profondément transformé les modes de combat et fait du soldat un cavalier ; le soldat à cheval est un homme qui vaut cher.

 La guerre est devenue une occupation à temps plein, une profession. La militarisation de l’élite sociale est ainsi acquise. Une institution militaire et sociale essentielle, attestée sans discontinuer tout au long de l’histoire des corbeaux est la « suite » du chef.
« Suite » traduit ici assez faiblement ce que les écrivains Latin expriment par « comitatus », l’ensemble des comites ou « compagnons » du chef. Les historiens allemands parlent de Gefolgschaf t, ceux de langue anglaise de retinue ou, ce qui est plus expressif, de Warband . Le russe à un équivalent assez exact avec le terme de Droujina . En français les approximations habituellement employées gagneraient à être remplacées par le vieux terme franc de truste , dont la racine germanique signifie « confiance, fidélité », résume l’esprit de l’institution.

La truste ou « suite », donc, est un groupe permanent de guerriers ( antrustions , pour garder la terminologie franque) liés à un chef par un serment de fidélité et d’amitié.

Qui sont les corbeaux ?

Ainsi sont les Corbeaux. Mais qui sont-ils ? Ils viennent de toute l’Europe, voire même de plus loin pour certains. Ils se revendiquent de la légende Arthurienne, plus particulièrement ils sont les descendants des corbeaux d’Owein, le chef des Bretons du Nord.
Qui sont les corbeaux d’Owein ? Ce sont ses guerriers : partout où il combat avec eux, il sort vainqueur. Ce sont des êtres féeriques qui appartiennent aux deux mondes.
Chose remarquable : dans la troupe d’Owein, on y trouve ses soeurs et leurs suivantes.

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